Les Poulettes Fitness

Mis à jour : 28 déc. 2020


Faire du sport tout en étant stylée et en respectant ses convictions éthiques et environnementales = mission impossible ? 


Pas pour la marque Les Poulettes Fitness. 


En plus de proposer des tenues techniques et fun à la fois, pratiques et féminines qui s’adaptent à toutes les morphologies, cette marque de vêtements de sport pour femme s’évertue à faire des vêtements responsables entièrement fabriqués en France. 


Rencontre avec Roxane et Amélie, fondatrices de la marque


Roxane et Amélie


Matières Premières : En quelques mots, pouvez-vous vous présenter et présenter la marque des Poulettes Fitness ? 


Roxane : Nous sommes Amélie et Roxane, fondatrices de la marque des Poulettes Fitness. Une marque française de vêtements de sport, dynamique et féminine qui accompagnent les femmes dans leurs activités sportives préférées.


Matières Premières : Quels sont vos parcours respectifs ? 


Roxane : Nous nous sommes rencontrées en classe préparatoire commerce puis nous avons toutes les deux effectué des études en écoles de commerce. 


Puis, nous avons travaillé dans des secteurs différents. Amélie a travaillé dans l’industrie de la mode dans des start-up. Et moi, Roxane, j’ai travaillé principalement dans des grands groupes dans les services marketing. 


Cela fait que nous avons des parcours plutôt complémentaires qui s’accordaient bien pour la création d’une marque de vêtements.


Matières Premières : D’où vous est venue l’idée de la marque ? Quel a été l’élément déclencheur de la création de cette marque ?


Roxane : Nous sommes toutes les deux sportives mais nous sommes aussi de vraies épicuriennes qui aimons profiter des plaisirs de la vie. 


Nous avons donc voulu réunir ces deux traits de caractère qui ne nous semblent aucunement antagonistes pour créer une marque qui exprime ces deux facettes de notre personnalité… et probablement de la personnalité de la majorité des femmes sportives !


Matières Premières : Pourquoi une marque de vêtements de sport ?


Roxane : Le marché de l’habillement sportif est un marché très prometteur et porteur, surtout pour la clientèle féminine. L’offre est encore peu diversifiée, malgré la forte demande. Pour l’instant les marques de sport pour femme se sont contentées de reproduire les produits existants pour les hommes en les féminisant un minimum mais sans se soucier véritablement de l’attente du public féminin. 


Les femmes ne cherchent pas les mêmes produits que les hommes. Elles veulent des produits adaptés à leur(s) pratique(s), à leurs mouvements et au corps féminin, et qui présentent également un vrai côté mode. 


Car, les femmes en général aiment être stylées à la ville comme à la salle de sport ! 


Matières Premières : Pourquoi le nom très original « Les Poulettes Fitness » ? 


Roxane : Avec Amélie, on s’appelait mutuellement « Poulette ». Donc, pour nous il était évident que ce surnom soit dans le nom d’une marque ou, de façon générale, d’un projet que nous co-fonderions. 

Et puis cela donne aussi un côté très « frenchie » qui rappelle le coq national mais version féminine ! 


Enfin le mot « Fitness » est là pour faire ressortir le côté technique des vêtements. Ce sont des vêtements de sport mode ET techniques. Et puis, cela permet de donner un indice sur le type de produits que notre marque propose.



Le logo de la marque


Matières Premières : Quel message voulez-vous faire passer au travers de cette jolie marque ? 


Roxane : A l’inverse des marques de sport « classiques », qui sont très axées sur la performance sportive plus que sur le simple plaisir de faire du sport, nous avons voulu une marque fun et mode tout en proposant des produits techniques, et, surtout, entièrement produits en France. 


Nous avons voulu une marque qui reflète bien ce que sont les femmes et à laquelle elles puissent s’identifier le plus possible. 


Enfin, nous avons voulu une marque qui porte un regard bienveillant sur le corps des femmes et sur les corps de toutes les femmes, du XS au XXL ! Aujourd’hui, les marques de sport ont tendance à « sélectionner » les utilisatrices en fonction de leur taille… Mais le sport doit être ouvert à toutes !


Matières Premières : Pouvez-vous nous présenter vos produits ? 


Roxane : Actuellement, notre gamme de produits se décline en : 

  • 8 modèles de legging, avec 8 modèles de brassière assortis 

  • 3 modèles de débardeur 

  • 3 modèles de tee-shirt 

Mais des nouveautés arriveront dans la prochaine collection ! 


En effet, les débardeurs et tee-shirt qui étaient jusqu’ici blancs et floqués seront disponibles en différentes couleurs et brodés. Et les leggings jusqu’ici disponibles en long le seront également en longueur 3/4.


Matières Premières : Est-ce que le côté « responsable » était une évidence et un pré-requis obligatoire pour vous ? En quoi votre marque est-elle éco-responsable ? 


Roxane : L’un des déclics a été un voyage en Inde effectué par Amélie durant lequel elle a été le témoin direct de la pollution engendrée par l’industrie du textile dans ces pays producteurs. 


Cette prise de conscience avait déjà été alimentée par les délocalisations massives du textile français, et les pertes d’emploi que cela a pu générer dans de nombreuses régions. 


Ces expériences combinées ont été un véritable déclic dans notre réflexion : notre marque sera éco-responsable, éthique et de fabrication française. 


Le tissage du tissu des leggings et des brassières est certifié OEKO TEX. Il en est de même pour le processus d’impression utilisé pour les jolis motifs de nos produits.


Pour information, nos produits parcourent au maximum 1200 km sur le territoire français tout au long de leur fabrication. En comparaison, c’est en moyenne15 fois moins qu’un produit fabriqué en Chine. 


💡Le petit + : une ligne de tote bags entièrement confectionnés en Inde par des femmes, de façon éthique et responsable. Le bénéfice des ventes est reversé à l’ONG Indienne « Swami Sivananda Memorial Institute » qui aide les femmes indiennes et leurs enfants, afin, notamment, que ces derniers puissent aller à l’école. 


Matières Premières : Est-ce que vous avez la sensation que l’industrie textile en France évolue et prend réellement conscience de ces enjeux environnementaux et éthiques ? 


Roxane : Les consommateurs français sont de plus en plus demandeurs de produits de qualité, locaux et/ou dont la fabrication soit la plus transparente possible. Ils sont sensibles aux conditions de production et à l’impact environnemental et éthique qu’elle peut avoir. 


En un mot : ils s’informent pour consommer mieux ! 


En ce sens, il y a une vraie augmentation de revendeurs de ces produits. 


Matières Premières : Le Made in France, est-ce compliqué ? Est-ce que vous avez trouvé facilement des ateliers avec lesquels travailler ? Avez-vous fait des concessions pour faire du Made in France ? 


Roxane : Oui, faire du « made in France » est compliqué pour une jeune marque, principalement à cause des coûts importants que ce choix implique. 


C’est LE principal frein à une production entièrement française ! En effet, pour s’implanter et trouver ses clients, nous ne pouvons pas proposer des prix de vente trop élevés. Mais les coûts de production en France sont élevés. Il faut arriver à trouver le bon équilibre pour arriver à s’implanter sur un marché assez concurrentiel tout en étant rentable. 


D’ailleurs, lorsque nous avons créé la marque, nous avions imaginé une gamme de produits plus étoffée. Malheureusement, nous avons dû revoir nos ambitions à la baisse car les coûts de fabrication étaient beaucoup trop lourds à supporter pour une création de marque. 


Aujourd’hui, grâce à la notoriété de la marque qui commence à grandir, nous élargissons progressivement la gamme de produits ! 


Un point positif de la vague « made in France » est l’amélioration du référencement des fournisseurs. De plus en plus de marques s’orientant vers des fabrications totales ou partielles françaises, les fournisseurs sortent de l’ombre et font parler d’eux. Le textile français n’est pas mort !



Explication et transparence des prix de vente des produits (ici pour les hauts)


Matières Premières : Quels sont les avantages et les inconvénients du Made in France ? 


Roxane : 


Les principaux avantages que nous pourrions citer : 

  • Bien évidemment, l’aspect éthique : nous sommes sûres de la bonne rémunération et des bonnes conditions de travail des petites mains qui confectionnent nos produits.

  • Dans notre cas, nous travaillons avec des fournisseurs qui s’engagent pour une industrie textile plus propre et qui sont certifiés OEKO TEX. Donc, l’aspect éco-responsable est un avantage indéniable.

  • Et puis, cela facilite les échanges que ce soit dans la compréhension du cahier des charges initial, dans la gestion d’éventuels problèmes…


Les inconvénients :

  • Comme déjà évoqué, le coût important d’une fabrication française est le principal inconvénient

  • Et puis, même s’il y a bien des fournisseurs textiles en France, leur nombre est assez limité. Ce qui laisse peu de choix et implique une certaine dépendance vis-à-vis d’eux.


Matières Premières : Quels obstacles avez-vous rencontré lors de la création de vos collections ? Envisagez-vous de travailler avec des ateliers autres que français ? 


Roxane : Premièrement, trouver des fournisseurs est l’étape la plus compliquée. Cela marche beaucoup par le bouche à oreille. Alors quand vous n’êtes « pas du milieu », c’est compliqué… Les fournisseurs ne sont pas encore bien référencés, même si cela tend à s’améliorer avec la vague du « Made in France ». 


Deuxièmement, une fois que les sous-traitants sont localisés, il faut être considéré et pris au sérieux. En ce sens, les premiers contacts ont été difficiles. 


Troisièmement, qui dit lancement de marque, dit petites quantités. Peu de fournisseurs acceptent de produire des petites quantités. Et s’ils acceptent, vous savez qu’en tant que nouvelle marque qui se lance vous n’êtes pas forcément prioritaire par rapport à d’autres clients plus anciens dont les demandes sont plus conséquentes…


Enfin, l’aspect « technique » que nous voulions pour nos produits était une difficulté supplémentaire pour nos sous-traitants, ce à quoi nous n’avions pas véritablement pensé.


Mais au final, nous avons surmonté ces difficultés ! 


Aujourd’hui, nous n’imaginons pas travailler avec des sous-traitants étrangers. Nous souhaitons défendre le textile français et montrer que produire en France est possible. D’ailleurs, nous encourageons vivement la création d’un réseau global d’entreprises du textile français qui regrouperait les marques et les fournisseurs, afin de proposer un vrai référencement. 


De plus, nous voulons respecter notre postulat de départ et sur lequel repose notre marketing, à savoir des vêtements de sport entièrement fabriqués en France. 


Matières Premières : Quels sont vos projets ?


Roxane : Outre les nouveautés sur les produits déjà existants, nous travaillons sur des projets différents pour étoffer notre marque. Nous réfléchissons à une gamme de maillots et shorts de bain. Nous travaillons également sur un projet de collaboration avec la marque française 1083 pour la création d’une gamme de baskets, type baskets de running.


Matières Premières : Pourquoi ce choix de matières textiles ?


Roxane : N’étant pas des professionnelles du textile, nous nous sommes appuyées sur les connaissances de nos sous-traitants. 


Le choix des matières (mélange PES/Elasthanne) utilisées a été guidé par les conseils de la société Sofileta, qui est notre tisseur d’écrus. 


Bien évidemment, plusieurs prototypes ont été réalisés avant validation finale afin de respecter les 3 critères essentiels du tissu des Poulettes : opacité, confort et un tissu imprimable ! 


Oui, car peu de matières sont imprimables… Ce qui a aussi limité le choix. Et puis, l’élasthanne permet une évacuation rapide de la transpiration ! 


Matières Premières : Deux catégories (ancienne et nouvelle) de produits sont proposées, pouvez-vous faire une comparaison entre ces deux catégories ? Pourquoi avoir créer cette nouvelle catégorie ?


Roxane : Le nouveau tissu utilisé pour les collections à venir est plus épais comparé au tissu avec lequel nous avons travaillé à la création de la marque : 240 g/m2 contre 210 g/m2 au départ. 


Cette évolution rend les produits plus opaques et plus compressifs. Il n’y a plus besoin des bandes de silicone qui assuraient jusqu’ici la maintien et la stabilité des vêtements durant l’effort. 

Ce nouveau tissu assure un maintien naturel suffisant. 


Autre changement à signaler : les coutures invisibles des jambes des leggings.


Les évolutions sont principalement le résultat de notre utilisation de nos propres produits. Nous sommes effectivement les premières consommatrices des produits que nous proposons ! 


Matières Premières : Quelles sont vos exigences « fixes » pour la création de nouveaux produits, c’est-à-dire les caractéristiques fondamentales obligatoires ? 


Roxane : Comme nous l’avons déjà évoqué précédemment : les vêtements des Poulettes Fitness doivent être opaques, confortables et assurer un bon maintien. 


De plus le tissu, en lui-même, doit être imprimable. 


Nous faisons également attention à l’allure qu’apportent nos vêtements une fois portés : la taille haute flatte la silhouette, le positionnement des coutures doit être judicieux pour éviter tous frottements gênants et le taillant doit être respecté.


Matières Premières : Vos produits sont-ils recyclables ? Avez-vous intégré cette partie « fin de vie » des produits dès leur création ?


Roxane : En l’état, nos produits ne sont pas recyclables du fait du mélange de matières utilisé. Mais cela pourrait devenir un axe d’amélioration et d’innovation pour nos futures collections. 

Ceci dit, nous nous sommes appliquées à proposer des vêtements de sport techniques de qualité donc durables !


Matières Premières : Quelles ont été les étapes avant de trouver les bons « paramètres » pour vos produits ? 


Roxane : La première étape est l’établissement d’un cahier des charges complet afin de fixer les limites pour éviter la non-qualité. 


Nos exigences étaient l’opacité, le maintien, le confort et l’impression possible. La rédaction du cahier des charges, autour de ces caractéristiques obligatoires et fondamentales, s’est faite progressivement grâce aux connaissances techniques apportées par les fournisseurs sur lesquelles nous nous sommes appuyées. 


La seconde étape clé est le test des prototypes pour la validation complète des produits, par un panel d’utilisatrices duquel nous faisions parties. Cela s’est matérialisé par des échanges incessants et enrichissants afin d’aboutir aux produits finaux attendus qui conviennent à toutes. Le diable se cache dans les détails, il ne faut pas l’oublier !


Matières Premières : Pouvez-vous nous présenter les ateliers avec lesquels vous travaillez ? Avez-vous quelques photos que vous accepteriez de nous passer pour illustrer l’article qui sera publié sur notre site ?

 

Roxane : Pour le tissage du tissu des leggings et des brassières, tout se passe à Bourgoin Jallieu où nous travaillons avec la société Sofileta. 


Ensuite, les tissus écrus partent aux Landes Guenusson, non loin de Cholet, pour les étapes d’impression et de confection chez CréaSport. 


Ces deux étapes de tissage et d’impression sont certifiées Oeko Tex.